51 À 56. FATHIGUÉ DE RENAÎTRE  REFUGE 1 À 6
De Montréal à Havre St-Pierre. 
(Chaque toile 30po. x 24po.) décembre 1997 à mai 1998.
 
     Cette oeuvre est inspirée de souvenirs de mon enfance quand en auto avec mes parents, je regardais fasciné, par la vitre, les vieilles maisons délabrées le long de la route. Puis c'est dans les années 90, en étudiant les peintres québécois 'traditionnels' actuels avec leurs jolies maisons séduisantes que j'ai eu l'idée d'en faire un pastiche à ma manière. 
 
     Le projet s'est concrétisé, en premier, par un voyage sur la Côte-Nord; de Montréal à Havre St-Pierre. J'étais accompagné par un de mes frères qui était atteint d'un cancer qui devait l'emporter quelques mois plus tard. Cela accentua le choix des sujets. Une quinzaine de maisons furent photographiées tout le long de la route. Ensuite, cinq furent choisies pour devenir cette série thématique. Mais c'est en cherchant des ciels pour les arrière-plans que je suis tombé sur un ciel unique qui se déployait tout en largeur et dont les couleurs et les mouvements se mariaient très bien avec l'ensemble des maisons. Sa largeur coupée en section me donna la possibilité de rajouter une sixième maison (la pauvre cambuse de l'extrême droite). Cela donnait aussi plus de force à mon titre. Les maisons représentaient les différents corps que l'on habite, mais le ciel, dans sa continuité évolutive, représentait l'âme en progression. 

     J'ai alors décidé de complexifier l'oeuvre en faisant évoluer les maisons à travers six saisons (du printemps à l'hiver) et à travers six paysages montrant la diversité du Québec. J'avais choisi aussi de vielles maisons qui avaient été maintes fois rafistolées mais qui étaient maintenant fatiguées de renaître encore une fois. Pour bien montrer quand même que ce n'était pas des maisons abandonnées, j'ai mis de la lumière aux fenêtres et des vêtements ou des traces de vie. Le côté de plus en plus modeste des maisons à chaque tableau est aussi voulu. Je voulais aussi suggérer que c'était le dernier refuge pour des personnes fatiguées de recommencer leur vie dans une autre maison par des moyens de transport abandonnés (on en retrouve deux par tableau). Pour toutes ces raisons, c'est devenu un seul tableau que je considère inséparable.