57. AU HASARD DU DESTIN  ANONYME 4
Rue Ontario, Montréal 
(63po. x 7po.) juin 1998.
 
    Dans ce tableau étroit un homme âgé, le dos courbé avec sa boîte à lunch, s'en va à son travail. Sa silhouette élancée et sa chemise jaune me rappelaient un panneau de plexiglass jaune tout en hauteur qui camouflait un escalier d'un bloc appartement. La scène c'est mis en place par l'ajout de sa boîte à lunch avec Superman comme logo et sa vieille auto beige des années sixties. J'ai eu alors l'idée de rencontrer sa vie à travers les différents étages de la bâtisse. Au sous-sol, du temps de sa jeunesse, une télévision allumée se profile derrière des stores verticaux; au premier étage, un store est baissé mais laisse entrevoir des fesses nues tandis qu'un petit thermomètre indique que la température est à la hausse; au deuxième étage, la vie de couple s'installe par les sous-vêtements de madame qui sèchent sur une corde tandis qu'une caisse de bière de monsieur trône dans le coin; au troisième et dernier étage, c'est un couple bien établi avec le tricycle d'enfant, la collection de petits chats en céramique sur le rebord de la fenêtre et de l'oiseau en cage. Le rouleau de tapis gris, les hauteurs des deux édifices, la vitre de la porte blanche reprennent l'angle de la silhouette courbée du monsieur pour l'appuyer.