64. LA SAISON INTEMPORELLE
Près de Ste-Hélène, Drummondville. 
(18po. x 54po.) mai, mi-juin 1999.
 
     En 1999, essoufflé, ayant besoin de recul et de retrouver une paix intérieure oubliée, j'ai entrepris une dernière série de toiles consacrée à l'automne tardif. Un hommage à une cinquième saison où la nature est dépouillée de ses attraits et que la neige n'a pas encore habillé le tout de son manteau blanc. Cette première toile est une scène quotidienne, presque anodine, d'un bord d'autoroute où une auto rouge est arrêtée derrière une pelleteuse qui fait des travaux d'excavation. Un couple d'arbres majestueux, unis depuis longtemps, trône seul au milieu d'un champ. Les trois couleurs successives des champs qui vont de brun à orange puis à doré donnent de la profondeur et de la chaleur à cette scène d'automne. Le petit village qui se dessine au loin est Ste-Hélène, le village où est né mon père. Au premier plan, des cônes orange rythment l'espace tandis qu'une boîte de carton, complètement à droite, aide à l'équilibre de la composition qui tend à pencher vers la gauche à cause du poids de la pelleteuse. C'est une scène qui passe inaperçue quand on y passe à toute vitesse. Cela prend des travaux sur la route pour nous forcer à ralentir et observer.