65. LES CHAMPS CÉLÈSTES
Région d'Acton Vale. 
(21po. x 51po.) mi-juin, juillet 1999.

     Deux premières toiles sur la campagne 'La vie m'ennuie' et 'L'immortalité me tue' avaient annoncé ce qui allait devenir quatre toiles spécifiques sur le thème des champs aux herbes séchées. C'était pour moi une façon de renouveler le paysage déjà trop reproduit en exploitant une de ses facettes plus austère de l'automne. Après 'La saison intemporelle', je me suis attaqué à cette toile représentant une route principale qui mène au loin à une maison et sa grange. Dans la partie de gauche, des vallons et des collines forment de gracieuses arabesques. Malgré la saison habituellement terne de la fin d'automne, les teintes jaune/doré des champs, intensifiées par la luminosité du ciel, transfigurent la scène. Le paysage en devient féerique et semble appartenir à un autre monde. La pleine largeur de la route au premier plan contribue à nous donner la perspective d'être là sur les lieux. L'arrière d'un vieux camion rouille à gauche et rééquilibre la toile car le sujet principal de la ferme est décentré à droite. Un petit morceau de métal de l'autre côté de la route, à la même hauteur, sert d'ultime stabilisateur. Des milliers de petites touches de couleurs font vibrer les herbes séchées et rendent le tout presque irréel.