60. FRÈRES D'OCCASIONS
Carignan. 
(24po. x 84po.) septembre, octobre, novembre, décembre.
 
    Ce tableau est un coup de foudre ressenti devant un kiosque bric-à-brac découvert au marché aux puces de Carignan. Ce fouillis de pièces en tous genres pour réparateurs et bricoleurs me rappela les tablettes aux mille casiers et pots des ateliers de mon père et mes frères. La motivation d'entreprendre cet énorme défi était de rendre hommage à tous les ramasseurs, ramancheurs de moteurs et gugusses. La première grande difficulté, outre la centaine de photographies de toute la scène sans avoir de recul à cause de l'étroitesse des corridors, fut de créer, sur un carton de la grandeur de l’œuvre, toutes les perspectives de chaque tablette, casier et les principaux objets. Le rideau rose, à l'arrière-plan, est l'élément qui reçut sur sa largeur tous les points de fuite qui servaient à réajuster l'angle trop grand de la scène. Il soulignait aussi la présence des deux frères propriétaires, inspirateurs du titre. La deuxième difficulté fut de reproduire chaque petit objet tout en n'ayant que peu d'informations sur son identité, sa composition et sa fonction. La troisième difficulté fut d'éviter la monotonie de la palette de couleurs restreinte par l'ajout d'objets colorés aux endroits stratégiques. Cette grande toile, qui demanda quatre mois de réalisation, mi-sérieuse, mi-humoristique, témoigne d'une époque et la transcende en même temps. Comme une icône des temps modernes, les trois vendeurs ont bien mérité leurs auréoles. On ressent un indéfinissable vertige à contempler ce fouillis colossal.