32. LA FORËT ENSORCELÉE
À partir de Drummondville 
(30po. x 72po.) août, septembre, octobre.
 
   Cette toile mi-hommage, mi-dénonciation des boulevards de magasins qui s'étalent maintenant dans la plupart des grandes villes du Québec, me demanda quatre ans de recherches. Elle est une pure création complète à partir de plusieurs sites et enseignes éparses photographiés. Quand le titre s'imposa, j'ai décidé de tronquer en grande partie le bas des commerces pour ne garder que les annonces sur leurs poteaux. Elles devinrent les éléments principaux pour représenter les arbres ensorcelés. Je fis exprès pour choisir que des marques archi-connues, véritables mantras de cette fin de siècle. Les deux grands sorciers instigateurs de ce mauvais sort, le clown Ronald McDonald et le Colonel Sanders Kentucky règnent chacun dans leur panneau respectif. Le plus gros du travail fut de construire ce boulevard type en premier, au crayon sur un carton, annonce par annonce, en respectant les perspectives et les proportions. J'ai dû même colorer ce plan de base pour vérifier la répartition de l'ensemble des couleurs. Puis il fut découpé en morceaux pour être retracé sur la toile. Le ciel froid et agité d'automne dans des variations de gris extrêmes vient faire contraste avec les couleurs racoleuses des enseignes. S'il y a un message à retenir, il est livré à travers les deux marques les plus élevées des deux panneaux.