31. PAUVRE TRÉSOR
Rue St-Laurent, Montréal. 
(54po. x 24po.) mars, avril, mai, juin 1994.
 
  Ce tableau est le précurseur de séries qui mettront de plus en plus en évidence la verticalité de la ville. Comme souvent, ce fut un choc visuel devant cette vitrine de souvenirs pour touristes  qui m'a rappelé ma fascination, depuis ma tendre enfance, des étalages colorés des magasins à rayons. Au moins un an va s'écouler avant que j'aie tous les éléments du projet. J'essaie toujours, après l'émotion esthétique première, de définir la motivation, la signification plus large, voire universelle que contient le sujet. C'est ce qui m'aide à accentuer, préciser la composition générale et à particulariser certains détails. Ceci m'amena à photographier plusieurs autres vitrines semblables avec des vues d'intérieurs . Sachant que je ne réaliserai qu'une seule toile sur ce thème, près de la moitié des objets furent remplacés par tout ce que je trouvais le plus kitch dans le genre. Pour éviter une vue de face conventionnelle, la scène est vue légèrement de biais, ce qui m'a demandé un point de fuite immensément loin à droite. Je m'amusai, comme pour 'Le cimetière des anges' à jouer avec les correspondances; comme simple exemple, dans les fenêtres du deuxième, j'ai peint le poster d'un guitariste vedette entouré de ses poupées groupies qui le dévisagent. Ce fut le tableau qui reçut la plus grande concentration de détails minuscules au pouce carré. Le petit chien de luxe perdu avec sa laisse semble insuffler à la dame le titre du tableau 'pauvre trésor!'.