24. LE LABYRINTHE SANS FIN
Ruelle de Montréal. 
(30po. x 18po.) mai 1992.
 
    C'est une toute petite toile d'une ruelle moche dans un printemps froid et où les arbres n'ont pas encore leurs feuilles. Le labyrinthe vient de cet enchevêtrement de fils électriques et de cordes à linge qui zèbre la cour. C'est sûrement le jour des poubelles car il y a plusieurs objets qui traînent. Un petit garçon se penche sur un rebord de balcon pendant qu'un sapin d'un Noël passé sèche inexorablement dans son coin. D'autres objets  banals s'acumulent sur les balcons. Des sous-vêtements d'un blanc pur et une auto rouge flash égayent de leurs couleurs cette scène mélancolique. Moi qui ne peint rigoureusement qu'avec six couleurs de base (blanc de Titane, noir de Mars, jaune Cadmium moyen, rouge Naphtol Crimson, bleu Outremer et bleu Phtalocyanine), j'ai utilisé une peinture argentée exprès pour réaliser les murs de tôle. Une petite dérogation à mes principes. Peut-on un jour espérer de se sortir de ce labyrinthe sans fin.