20. LES SPLANDEURS INVISIBLES
Godbout, Côte-Nord 
(24po. x 54po.) avril 1991.
 
    J'étais sur la Côte-Nord à l’interception de ces deux rues attendant la personne charitable qui allait me prendre sur le pouce quand j'ai vu ce petit motel banal 'Chez Chantal'. Ce qui attira mon œil, ce sont les portes de chaque chambre qui étaient toutes peintes d'une couleur différente. Ce fut le départ du sujet de ce tableau. La vieille station-service abandonnée à droite avait un certain charme mais l'ensemble péchait par manque d'action. J'ai eu alors l'idée de le compléter par une vieille voiture typique restaurée et relookée par des jeunes locaux. Cela me prit plusieurs mois avant que je trouve dans un cimetière d'autos celle qui était le parfait modèle recherché. Cachée et coincée en grande partie par d'autres, j'ai dû convaincre le propriétaire de l'endroit de prendre son camion et avec une chaîne de retirer une autre auto qui la cachait puis de la tirer pour la mettre à ma vue. Nous avons dû regonfler ses pneus puis, ayant déjà une idée de la scène, j'ai demandé au jeune proprio s'il voulait poser pour moi. Il est devenu le jeune assis dans l'auto que j'ai photographié juché dans un escabeau. L'autre jeune qui regarde si le silencieux n'est pas en train de lâcher est un de mes neveux, Alessandro, qui a posé plus tard à une autre occasion. Le titre de la toile fait référence au ciel magnifique qui se reflète dans la flaque d'eau avec les traces de pneus. Personne ne le remarque, ni les jeunes et encore moins cet homme dans la cabine téléphonique qui appelle sa maîtresse pour qu'elle vienne le rejoindre au motel.